Vendredi 13 avril - 15h17
Alors que des millions de joueurs se ruent dans les tabacs pour tenter leur chance à l'euromillions, au Loto ou le keno, au nigotirage et j'en passe, j'attends patiemment, accompagné de mon acolyte, j'ai nommé l'ami JP, le départ du TGV 8328 en direction de Niort afin d'assister à la 3ème édition du festival TAKAVOIR, un festival de films mobiles. "Happy Birthday" a été sélectionné et nous avons donc été invités à ces festivités.
Après un voyage dans un train à grande vitesse, nous débarquons à Niort vers les 17h30. Voyage paisible durant lequel nous causons, entre autre, d'un projet de film : une adaptation d'une courte nouvelle de Richard Matheson, qui devrait être mon prochain court en prise de vues réelles.
Niort est une ville moyenne, ville centre d'une communanuté d'agglomération d'un peu plus de 100 000 habitants. C'est la première fois que allons dans cette ville. C'est pas le coup de foudre mais on est pas là pour ça. Après un détour par l'office du tourisme, histoire de glaner quelques adresses, nous nous rendons au Moulin du Roc ou nous avons rendez vous avec Eric, un des membres du festival. Après avoir erré un petit temps, nous parvenons enfin sur les lieux du festival ou nous attend un chouette bar. C'est avec un certain empressement que je me commande ma première pinte.
Niort, centre ville
19h -
Anaïs et Jean Michel nous accueillent et nous emmènent visiter notre logement. Le terme seul nous donne des frissons et nous fait évoquer au pire de grands dortoirs froids, au mieux nous laisse esperer une minable chambre dans un hôtel deux étoiles. Mes amis, rien de tout cela, c'est avec une stupeur non feinte que nous découvrons un magnifique manoir dont l'origine remonte au XIIème siècle. Totalement rehabilité, cette residence d'artistes se situe au milieu d'une île, elle même en centre ville. Nos hôtes s'excusent mais nous serons seuls pour cette première nuit. Nous versons une larme de desespoir à l'idée d'être les seuls à bénéficier de l'espace de ce château.
Notre humble demeure
20h30 -
Après avoir parcouru rapidement le centre ville, nous atterrissons dans une pizzeria charmante aux antipasti déclicieux et aux pizzas en forme de tarte, par contre de serieux dommages digestifs se sont fait sentir un paquet d'heures plus tard. Nous ne savons pas si nous retournerons un jour à Niort mais je peux vous jurer que l'on évitera cette pizzeria à tout jamais.
22h30 -
En arrivant au chateau, nous avons perçu au loin la clameur d'une bande de troubadours. Un bassiste looké à la ZZtop, un chanteur gratteur se prenant un peu pour Cobain, les telecaster hurlaient un trop plein de décibel dans les 20 m2 du bar de l'eclusier. Après une premiere partie electro danse floor aussi chiante qu'approximative, nous avons tenu l'équivalent de deux morceaux du groupe perdu entre Led Zep et Black Sabbath et nous sommes rentrès au manoir.
On dirait pas mais il y a à l'intérieur un groupe qui fait du bruit
Là, des heures durant, nous avons profité du jardin privatif à écouter quelques perles des années 80 tout en travaillant le repertoir de notre prochain album.
Vers les 2 ou 3 heures, nous sommes ecroulés comme des sacs dans l'une des nombreuses chambres du manoir.
entrée du Moulin du Roc
Samedi 14 avril
10h -
Nous rencontrons Denis Larzillière, le premier réalisateur de la sélection à débarquer après nous. Il a réalisé "Bzzz" un truc incroyable pour un film tourné au portable. Suivi de près par une bande de Lillois en mode déconne, j'ai nommé Mickael Yardin, Laurent Leve et leurs comparses, venu présenter pas moins de deux films : " Pas anormale activité " et " Les Knuffles", deux courts bien fendards.
Nous passerons l'essentiel des festivités ensemble, à echanger sur le cinéma bien entendu, et à boire des coups, bien entendu aussi !
C'est à 14h que le festival ouvre officiellement ses portes. Une après midi consacré aux jeunes réalisateurs, une proposition d'ateliers worhshop proposé par l'association Nyctalop, des échanges divers et variés.
18h30 -
Après une tentative de sieste aussi courte qu'avortée, je me décide à me reveiller à la pinte. C'est légérement sous influence que j'entre dans la salle ou doit être projeter la sélection officielle.
Présentation du festival, des partenaires, des organisateurs, du jury, bref, on présente la grande famille de Takavoir.
24 films plus tard, et après le vote du public, remise des prix par le jury :
une fois n'est pas coutume, le jury invente une mention speciale afin de recompenser le travail original, plein d'inventivité, d'instruction ( véridique ! ), d'intelligence, bref, en terme de cirage de pompes, on y est ! et decerne, pour notre plus grande consternation, la mention à un trio de lycéens pour le film " Absurdus Rex". Outre la volonté ( bien légitime ) de recompenser une bande de petits jeunes, le film est aussi soporifique qu'ennuyeux mais chacun ses goûts et ses critères. Poursuivons !
Prix du public et ce n'est pas une grande surprise : " De palier " de Benjamin Busnel. Une idée excellente, très bien interprété. Très court, efficace. Je m'en doutais mais j'espérais autre chose !
Ensuite vient le prix jeunesse de la banque populaire. Bon, vu le prix, je me doutais que" Happy Birthday" serait loin. Celait aurait été délicieusement absurde mais faut pas rêver ! Bref, c'est un film sans saveur particulière qui remporte la timbale " L'homme cintré " d'Antoni Sgambato. Qui laisse le groupe aussi froid qu'une endive perdu dans un frigo.
Alors ensuite on atteint le top du top, au dessus, c'est le soleil ! Le jury a décidé de glisser du large. Le prix de la ville de Niort est décerné à " Super 8.6" un film en stop motion qui raconte l'histoire d'une canette sur un skate board qui décide de liberer d'autres canettes enfermés dans un frigo ... Dèjà, à la projection, la moitié de la salle ronflait ... Là, on a pas compris. Personnne, en fait, à part le jury, n'a compris d'ou sortait ce prix. Une fois de plus, les voix du jury sont impénétrables. Cela en a énervé plus d'un, à vrai dire. Qu'il soit réalisateur, festivalier, organisateur ...
Et là cerise sur le gâteau, " De palier " remporte le grand prix. Le truc couru d'avance. No surprise. Mais respect !
Pour finir, le grand chambellan de la soirée ( désolé, j'ai oublié son nom ) invite tous les réalisateurs présents à monter sur scène. C'est sûr, ils étaient un peu deçu, aucun des réal ayant remporté un prix n'était présent ( excepté les jeunes d"Absurdus rex "). Alors on fait monter les loosers. Autant dire que l'on a n'a pas hésité... On est resté calé dans nos fauteuils à attendre que ça se passe ! En sortant de là, un peu dépité par le choix du jury, nous n'avons pas hésité longtemps à fêter cela.
Nous avons passé une très agréable soirée à tailler le bout de gras, à boire quelques pintes et à refaire le monde ... du cinéma principalement.
Le lendemain, retour au bercail pour l'ensemble des convives. Journée aussi lente que la gueule du bois du matin.
Quoique revenu bredouille, ce genre de moment motive pour la suite. J'ai hâte de m'y remettre !





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