
|
Mercredi 1er août
Après un mois de Juillet plutôt intense essentiellement consacré à la réalisation d'un film d'aventures fantastiques avec des enfants de 6 à 12 ans et quelques misèrables heures de sommeil, nous partons de Paris, Jean Philippe Raillot et moi même, vers les 3 heures du mat. Direction l'Ardèche, 700 kilomètres plus loin. La twingo est chargé à bloc. Un chat n'y trouverait pas sa place. Consuisant chacun notre tour, nous arrivons à Casteljau ( 20 km au sud d'Aubenas ) vers les 12h30. Steve G et Martial Germain nous ont précédé par le train une demi-heure plutôt.
Petit rafraichissement avant d'attaquer le déchargement de la twingo. Installation du matériel de tournage dans une pièce dédié ainsi que de la salle maquillage de Martial.
Dans ma recherche de camera pour le projet de « L'élément Terre », j'ai rencontré Yvon, un bidouilleur pluridisciplinaire, qui a bien voulu nous prêter une XL H1 qu'il venait d'acquérir afin que nous puissions l'essayer sur le film de Jean Philippe. Je ne connais rien à la bête et je vais vite m'en apercevoir lors des test de l'aprés midi !
Pour le son, nous avons un edirol R4 que j'ai déjà utilise sur « Première fois » et « Bach ou Mozart » et qui nous convient parfaitement pour sa simplicité d'utilisation et son ergonomie.
Une petite bijoute lumière constitué de quelques mandas, blondes, mizard, lowells ...
A part la XL H1 qui me pose de véritables soucis sur les rapports diaph/vitesse d'obturation, les tests se passent sans problèmes et nous profitons d'une fin d'après midi ensoleillé pour aller nous baigner dans la rivière du coin.
La soirée est consacré à une préparation globale du tournage. L'équipe est très réduite, elle est constituée de 6 personnes. Jean Philippe réalise et interprète le personnage principal, Steve aux lumières et au son, Emmanuelle, scripte et assistante real, Martial au maquillage, Marc à la régie ( et quel régie ! ) et moi même à l'image. La soirée se termine tôt et tout le monde part se coucher.
Jeudi 2 août
Lever à 7h30. Une petite heure pour se reveiller et se preparer et nous commençons le tournage par une matinée de répétitions et d'installation du « plateau ». La journée est pluvieuse et grise, nous allons en profiter pour tourner les séquences d'intérieur. Jean Philippe profite de cette matinée pour élaborer les diffèrentes facettes de son personnage.
Pendant ce temps, Steve et moi étudions les scènes à tourner et faisons quelques test lumière/caméra. Tout le monde prend ses marques. Pause déjeuner.
En début d'après midi, nous mettons en place le premier plan, un plan tranquille ou le personnage entre dans le champ et s'installe dans la pièce. Pas si tranquille en fait car comme j'ai pu le constater assez souvent, les plans les plus cons sont souvent les plus laborieux ! En fait, l'entrée de champ de JP provoque une telle diffèrence de diaph que nous mettons un certain temps à resoudre le problème.
Vers 15h, nous tournons enfin ce premier plan.
S'ensuit une petite dizaine de plans enchaînés très studieusement malgré une certaine difficulté pour JP d'entrer de plein pied dans le film. De plus, la scène est loin d'être facile. JP entre dans le personnage au fil des plans et lorsque les choses commençent à se décanter, il est déjà 20h. Il n'y a plus assez de lumière provenant de l'extérieur et nous ressentons tous une certaine fatigue. Nous arrêtons donc là cette 1ère journée. Rien de problèmatique car les 2/3 tiers de la séquence sont dans la boite.
Pendant un apéro fort apprécié, je lance la numérisation des rushes de la journée.
J'ai décidé d'expérimenter sur ce tournage le fait de monter le soir même les plans tournés dans la journée et cela s'avère fort utile. Le lendemain est consacré au contre champ et grâce à ce montage primaire, nous savons exactement quoi tourner. De plus, malgré les premières galères liés à la méconnaissance de la caméra, le résultat est prometteur et nous pouvons nous endormir en toute sérénité.
Vendredi 3 aout
La matinée est donc consacré au tournage des contre champs de la séquence de la veille. Rien de bien exaltant mais comme on dit par chez moi « y faut c'qui faut ».
L'après midi s'annonce nettement plus hasardeuse. Le scénario final prévoit une séquence avec une chapelle que nous n'avons pas eu le temps de repérer. Nous partons donc deux voitures et tout notre barda à la recherche de cette chapelle.
A croire que les dieux sont avec nous car pas plus de 5 km plus tard, nous trouvons notre bonheur. ( nous aurions pu y passer la journée et ne rien tourner ).
A part ça, tout va bien, il fait 40° dégrés à l'ombre et Martial observe les préparatifs d'un oeil plutôt perplexe. Notre cher comédien va t-il griller au soleil ? En fait la question se pose même pas. Il ne doit pas prendre de coups de soleils, les raccords seraient desastreux.
De plus, nous avons un autre souci, le découpage initial prevoyait un recul necessaire à un mouvement arrière. Nous sommes entourés de maisons et ce recul n'existe pas. Nous revoyons le decoupage à la hâte sous un soleil crâneur. Nos cerveaux bouillonnent. Très vite, nous sommes liquides. Nous devons rester concentré afin de tourner cette séquence au mieux et au plus vite.
Nous entamons la prise de vues et nous enchainons les plans rapidement excépté le dernier. Sous ce soleil ardent, je galère comme un poux à effectuer le pano ascendant qui clôt la séquence. Une dizaine de prises plus tard, nous remballons et revenons au bercail.
Le temps de préparer quelques accessoires et nous repartons sur la route tourné le plan d'ouverture. Nous nous installons sur une petite route tranquille ou nous sommes sûrs de ne pas être ennuyé. Installé et encordé sur le toit de la voiture travelling, je m'entraîne aux diffèrents mouvements de caméra que demande ce plan. Nous repetons les mouvements, la vitesse du travelling, le jeu de JP, la synchronisation de l'ensemble.
Quelques prises suffiront à mettre le plan en boite, toujours sous un soleil ardéchois des plus chaleureux ! Deux, trois plans de paysages plus tard, nous terminons notre 2ème jour de tournage sur les rotules. L'apero, toujours aussi bienvenu, me permet de continuer mon petit manège numérisation/montage. Après diner, je peaufine l'ensemble de ce qui a été tourné et le film commence à prendre forme.
Samedi 5 août
L'équipe se divise en deux. Steve et Jp d'un côté partent effectuer les sons seuls tandis qu'Emmanuelle et moi partons shooter quelques plans de paysages et autres compositions bucoliques. La matinée est tranquille et tranche avec la relative tension des deux jours précédents.
Ce qui est prévu pour l'après midi nous replongent illico dans les joies du bronzage intégral.
Tout ce qu'il nous reste à tourner se déroule à l'extérieur et le soleil n'a pas changé de température. Nous passons une bonne partie de l'après midi sous le soleil et nous devenons aussi liquides que possible !
Vers 19h, nous tournons enfin le plan final de ce tournage qui s'annonce comme une grosse inconnue. Nous pensons y passer des lustres. Pourtant, deux prises seulement suffiront à clore ce tournage. Bref, l'exact contraire de notre premier plan.
La soirée me permet alors de terminer l'ours du film ( car à l'exception de quelques plans qui seront réalisés en post prod, le film est complet ).
Je ne peux terminer ce récit sans une spéciale dédicace à Marc qui fut le régisseur le plus attentionné et le plus efficace qu'il m'est arrivé de rencontrer sur un tournage.
A bientôt pour des nouvelles du film dont le montage demarrera dans trés peu de temps.
De tous les films que j'ai réalisé, seul Pensées Mortelles a eu la chance d'avoir son making of. Voilà deux ans que ce court a été tourné et jusqu'alors je n'avais pas eu la possibilité de montrer l'envers du décor.
Commentaires